Les 6 dangers qui guettent les cadres en 2021 : Comment y échapper ?

Si je te propose de te parler ici des 6 dangers qui guettent les cadres en 2021, c’est avant tout pour que tu puisses mieux les éviter. Après tout, ne dit-on pas “qu’un cadre averti en vaut deux” ? 😉

L’idée n’est donc pas de broyer du noir, de jouer à se faire peur et surtout pas de casser du sucre sur le statut de cadre ! Ni de te déconseiller de devenir cadre si c’est ton objectif actuel : ça reste un très beau métier.

C’est vrai, j’ai pour ma part décidé depuis deux ans de me tourner vers l’entrepreneuriat après plus de 20 ans en tant que cadre d’entreprise. Pour autant, je reste persuadé que solution ne conviendra pas à tout le monde.

Certains sont davantage faits pour le salariat, d’autres pour l’entrepreneuriat. Il ne s’agit donc pas de te détourner à tout prix d’une belle carrière de cadre. Il en faut pour faire tourner le monde et son économie !

En revanche, je considère que pas mal de choses ont évolué dans le mauvais sens ces 20 dernières années. Avec une fâcheuse tendance récente à l’accélération…

Alors après avoir évoqué la nouvelle définition officielle du statut des cadres, je te propose de te présenter les 6 dangers qui les guettent selon moi en 2021.

Armé de ces informations, il te reviendra de prendre les dispositions nécessaires pour t’en prémunir. Dans le système, ou en dehors, le choix restera tien !

Note : cet article a fait l’objet d’un Live Facebook dont tu trouveras ici la vidéo complète.

Le statut de cadre

Sais-tu que le statut des cadres n’était défini jusqu’à récemment que par des textes “poussiéreux” datant des années 50 ? Presque aussi résistant que Captain America !

Il aura fallu attendre juin 2020 pour qu’un Accord National Interprofessionnel (ANI) sur l’encadrment soit signé entre les différentes organisations syndicales, pour mieux définir ce statut et l’actualiser !

Cette “réforme” fait suite à la modification profonde du système de retraite : comme tu le sais, en 2019, l’AGIRC a été intégrée à l’ARRCO. Or, quelque part, c’est l’AGIRC qui distinguait essentiellement les cadres des non-cadres.

Cet accord définit 3 critères qui caractérisent les cadres en 2021 :

  • niveau de qualification / expertise élevé (apprécié à travers un diplôme ou une expérience)
  • haut niveau de responsabilités (sociales, économiques ou sociétales)
  • degré d’autonomie important dans l’organisation de son travail

L’ANI et le statut du cadre qui l’accompagne est aujourd’hui encore très peu connu des principaux intéressés ! Toi, par exemple, en avais-tu entendu parler ? N’hésite pas à me l’indiquer dans les commentaires ! 👇

Ces critères sont intéressants et nous reviendrons plus bas sur certains d’entre eux, qui peuvent parfois sembler paradoxaux.

Les 6 dangers qui guettent les cadres en 2021

Danger des cadres n°1 : Devenir banal

Le premier danger qui menace les cadres est de perdre ce qui a longtemps fait leur spécificité et d’ainsi devenir banal.

De plus en plus de cadres

Graphique de l'évolution du nombre de cadres en France (hommes et femmes) de 1982 à 2019
Part des cadres dans l’emploi total en France entre 1982 et 2019 (Insee, enquêtes Emploi)

Nous avons assisté à une véritable explosion du nombre de cadres dans les dernières années. Rends-toi compte : en 2021, les cadres représentent 19% de la population active, contre environ 2% dans les années 50 (et moins de 10% au début des années 80) !

Dans certains secteurs, on trouve aujourd’hui majoritairement des cadres (environ 60% dans les sièges sociaux). Il y a même des entreprises composées à 90% de cadres !

Atteindre cette proportion de cadres enlève évidemment beaucoup de sens au statut, qui s’est alors banalisé (à l’origine, on est cadre par distinction envers d’autres populations).

La distinction de plus en plus fréquente entre cadre et manager ajoute à la confusion : il existe des cadres non-managers (par exemple des experts). De même que des non-cadres managers (tels les agents de maîtrise). Le statut de 2020 n’apporte aucun éclairage à ce niveau.

La Réduction du Temps de Travail (RTT) apparue au début des années 2000 est en partie responsable de cette explosion du nombre de cadres. Passer des salariés au statut cadre pour pouvoir les gérer en “forfait jours” était une solution de facilité pour les entreprises.

De nouvelles contraintes

Les cadres connaissent aujourd’hui sensiblement les mêmes contraintes que les autres salariés.

Ainsi, on leur demande de plus en plus de reporting, ce qui leur semble souvent témoigner d’un manque de confiance (nous y reviendrons).

L’entreprise attend également de leur part une très grande réactivité. Si celle-ci peut parfois se justifier, elle devient excessive quand elle se généralise. Au point d’écœurer des profils souvent analytiques (voire perfectionnistes) à qui l’on demande de se contenter d’une approche quick and dirty.

Enfin, on constate une difficulté croissante à trouver du sens dans son poste. Si ce phénomène n’est globalement pas nouveau, il est sans aucun doute plus récent pour les cadres. Nous y reviendrons avec le danger n°5.

Un prestige en berne

Autre élément de banalisation, on assiste également à une perte de prestige du statut de cadre, à une forme de déclassement au niveau des avantages ou du pouvoir associé au poste :

  • perte de pouvoir hiérarchique (développement du management transverse et du management fonctionnel)
  • développement de l’open space au détriment du bureau individuel (longtemps l’un des attributs du cadre). De quoi donner envie d’apprendre à télétravailler comme un pro !
  • voyage en seconde classe (train) et classe économique (avion)
  • attribution de plus en plus difficile de voitures de fonction
  • disparition (ou menace sur) des spécificités en matière de prévoyance, de mutuelle ou de retraite

Dans le même temps, l’entreprise exige toujours des “normes comportementales” élevées (ne pas compter ses heures, garder un devoir de réserve, …) de la part de ses cadres. Avec des responsabilités (et le risque associé de sanctions pénales) souvent de plus en plus importantes !

Se développe donc le sentiment de devoir en faire plus pour de moins en moins de reconnaissance. Les cadres (intermédiaires en particulier) se sentent ainsi de moins en moins proches du “Top Management” de leur entreprise.

Ils sont un peu à la croisée des chemins et pour cette raison, on désigne parfois les cadres comme les “classes moyennes de l’entreprise“.

Aujourd’hui, les cadres dirigeants et peut-être les “hauts potentiels” sont ceux qui tirent le mieux leur épingle du jeu en bénéficiant toujours d’un certain nombre d’avantages et d’efforts de la part de l’entreprise.

Pour les autres, ils sont cadres mais en voient de moins en moins les bénéfices !

Danger des cadres n°2 : Subir les mutations technologiques et organisationnelles

La numérisation des entreprises favorise l’émergence d’organisations “à plat”, en diminuant le nombre de niveaux hiérarchiques.

Ce n’est pas forcément un mal en soi car de nombreuses entreprises françaises sont aujourd’hui encore trop “pyramidales”. Idéalement, cela pourrait même donner un coup de pouce pour vraiment développer les entreprises agiles voire l’holacratie !

Mais cette tendance met en danger les managers, qui sont les premiers à en faire les frais.

En parallèle, de nombreuses fonctions de l’entreprise ont vu leurs effectifs diminuer sensiblement ces dernières années. Lorsqu’elles n’ont pas simplement été externalisées (contrôle de gestion, paie, secrétariat, ressources humaines, communication…).

Les managers (cadres et non-cadres) récupèrent alors souvent une partie des attributions de ces fonctions (gestion de plannings de congés, réservation de billets de train…). Ce phénomène contribue à la fois à l’augmentation de la charge de travail et à la banalisation du statut de cadre.

La blockchain, qui permet de fiabiliser des transactions, va entraîner une diminution des besoins de régulation, de contrôle et d’amélioration des processus concernés. Les “machines” vont donc prendre progressivement en charge des missions traditionnellement confiées à des cadres.

De même l’Intelligence Artificielle est appelée à se développer dans de nombreux processus managériaux, comme par exemple le recrutement (analyse des “micro-expressions du visage des candidats) ou la prise de décision, longtemps apanage du manager.

Ces évolutions sont inéluctables et il n’y a pas à les regretter. Mais soit on fait avec, soit on les subit, au risque de vite devenir un cadre obsolète. L’objectif doit être au contraire de devenir un “cadre augmenté” qui tire profit de ces mutations technologiques.

Danger des cadres n°3 : Connaître la précarité

On s’attache… et on s’emprisonne ?

Le terme de précarité est provocateur car bien entendu, les cadres restent relativement “protégés” par rapport à d’autres catégories de personnel ! Il ne s’agit pas d’une précarité en termes de difficultés à trouver un emploi.

Néanmoins, on constate que la notion de “plan de carrière” (ou de gestion de carrière) a pratiquement disparu des entreprises.

Les cadres des “Trente Glorieuses” bénéficiaient souvent d’un parcours balisé, leur offrant une certaine visibilité dès leur entrée dans l’entreprise, qui s’engageait alors à proposer des évolutions attractives.

C’est rarement le cas aujourd’hui. Les entreprises ont laissé la gestion de carrière entre les mains des salariés eux-mêmes. Elles préfèrent désormais parler de “gestion des compétences”, adoptant une vision flexible et court-termiste, et s’engageant plus rarement sur la durée.

D’un autre côté, il faut reconnaître que les dernières générations de cadres sont moins attachées à l’entreprise que leurs aînées. Mais s’agit-il d’une cause, ou d’une conséquence du désengagement des plans de carrière par les entreprises ? 🤔

Quoi qu’il en soit, la gestion au coup par coup (et par réseautage !) a tendance à devenir la norme. Même en présence de “plans de succession”, qui permettent rarement d’identifier le successeur. Ou même de fournir des pistes viables à un cadre qui a fait le tour de son poste.

En fait, la fidélité (et les carrières longues chez un seul et même employeur) semble moins recherchée par les entreprises. Au minimum, elle est peu mise en avant par l’employeur. De surcroît, elle est parfois considérée comme “facteur de risque” par les recruteurs pour celui qui n’aurait pas (ou peu) changé d’entreprise au cours de sa carrière !

Il semble donc aujourd’hui bien risqué pour un cadre de miser sur l’employeur de ses débuts pour assurer ses vieux jours !

Une progression salariale sans garanties

Cela se ressent dans la politique salariale de l’entreprise. Il n’est aujourd’hui pas rare pour un cadre expérimenté de ne connaître aucune forme d’augmentation une année donnée (collective, individuelle, voire aucune part variable). Ce qui est un vrai changement avec quelques années en arrière.

Et cela, même si le cadre n’a pas démérité. Le budget des augmentations (de l’ordre de 2% ces dernières années, sans compter l’impact de la crise sanitaire) ne permet tout simplement pas d’augmenter tout le monde.

Il y avait auparavant une forme de stabilité dans la progression de salaire pour les cadres, elle est en train de voler en éclats !

Et ce constat reste souvent valable en cas de promotion, et même de mobilité.

Il y a une dizaine d’années, lorsqu’un cadre accédait à un échelon hiérarchique supérieur sur un même site, il pouvait s’attendre à une augmentation de salaire de l’ordre de 5-10% minimum.

Aujourd’hui, il n’est pas rare qu’une promotion ne s’accompagne d’aucune augmentation immédiate. Dans le meilleur des cas, l’engagement moral est pris d’augmenter le cadre l’année suivante… si tout se passe bien dans sa prise de poste.

L’entreprise ne paie donc plus pour voir… du moins en interne ! Paradoxalement, elle rechignera peu à mettre la main au portefeuille pour recruter un profil équivalent en externe.

Pendant longtemps, les salariés qui acceptaient de bouger arrivaient à s’y retrouver mieux que la moyenne, financièrement parlant. Ils bénéficiaient de primes et souvent d’une augmentation de salaire conséquente. Ce n’est plus suffisant non plus aujourd’hui.

Danger des cadres n°4 : Ne pas développer les bonnes compétences

Le 4ème danger pour les cadres en 2021 nous ramène à la notion d’obsolescence des compétences. Outre l’intérêt déjà vu de prendre le bon vent de la numérisation pour ne pas en subir les conséquences, il vaut le coup de réfléchir aux compétences à privilégier pour progresser.

La polyvalence

Fresque murale d'un homme avec 3 visages et 6 bras, symbole de la nécessaire polyvalence des cadres
Photo de ROMAN ODINTSOV provenant de Pexels

Aujourd’hui, les entreprises considèrent de plus en plus que la polyvalence est de rigueur. Logique dans la mesure où il est désormais assez difficile pour un cadre d’échapper complètement à des problématiques aussi variées que :

  • la transition énergétique
  • l’inflation réglementaire
  • la transformation numérique

ne serait-ce que dans le cadre d’une gestion de projet…

Mais il est donc aujourd’hui très compliqué pour un cadre d’être un pur expert s’il veut pouvoir évoluer au sein de sa société. Et ceci même s’il a renoncé à suivre la voie du management !

C’est tout de même assez paradoxal avec le critère d’expertise retenu dans la nouvelle définition du statut de cadre ! Et c’est donc un vrai défi pour les cadres d’aujourd’hui que de savoir concilier polyvalence et expertise.

Les soft skills

Avec la transformation numérique des entreprises, on peut penser que demain, ce seront des compétences comme le leadership, la mise en œuvre de stratégies, le relationnel, l’éthique, la créativité, la proactivité et l’intuition qui différentieront les salariés des machines.

De façon assez paradoxale là-aussi, l’entreprise va donc en quelque sorte attendre de ses cadres qu’ils soient anti-conformistes pour pouvoir évoluer ! 😉

Bref, il s’agit de développer ses compétences transversales et comportementales, ou soft skills. Elles sont déjà particulièrement recherchées aujourd’hui à en croire cette étude de 2020 de LinkedIn Learning.

Les 5 compétences comportementales les plus recherchées par les entreprises dans le monde en 2020
Photo de Sebastian Herrmann sur Unsplash

Cette tendance a toutes les chances de s’amplifier dans les prochaines années. Ainsi, plutôt que de renforcer une expertise que tu aurais déjà, tu as probablement plutôt intérêt à demander à ton employeur une formation pour renforcer un de ces soft skills.

Tu peux également jeter un coup d’œil à cet article, dans lequel je te livre d’autres compétences à développer selon moi.

Danger des cadres n°5 : Risquer sa santé

Selon l’adage bien connu : “le travail, c’est la santé”. Sans dénier les bienfaits de ce dernier, force est de reconnaître qu’il n’est pas sans dangers pour les cadres depuis quelques années. Au point peut-être de remettre en question la moindre “pénibilité” de leurs postes par rapport à ceux d’autres catégories de personnel !

Les risques physiques

Au niveau physique, les cadres travaillent souvent beaucoup sur écran. Ils sont, au même titre que les employés de bureau, particulièrement concernés par les troubles musculo-squelettiques (ou TMS). L’ergonomie de leur poste de travail est donc importante.

Mais ils sont aussi concernés par la fatigue visuelle.

Une crise de confiance

Au niveau psychologique, on constate d’abord une “crise de confiance” chez les managers. En effet, ils sont à l’interface entre leurs collaborateurs et l’entreprise.

Or, les premiers se méfient aujourd’hui davantage de la seconde que par le passé. En particulier de son “Top Management”. Mais l’encadrement intermédiaire n’est pas épargné pour autant !

Devoir reconstruire cette confiance au sein de son équipe (ou apprendre à faire sans) demande une débauche d’énergie conséquente.

Dans le même temps, nous l’avons vu, les cadres intermédiaires eux-mêmes se sentent de plus en plus éloignés du Top Management. Rarement associés aux décisions importantes, ils doivent faire appliquer des directives qu’ils ne comprennent souvent pas. Ils ont donc tendance à se méfier de l’entreprise, au même titre que leurs collaborateurs…

Par ailleurs, l’entreprise semble faire moins confiance à ses cadres et à ses managers : elle leur demande par exemple davantage de reporting (a fortiori pour ceux qui ont un responsable hiérarchique et un – voire plusieurs ! – responsables fonctionnels) que par le passé.

Le burn-out

Selon un sondage Cadremploi de juin 2019, pas moins de 86% des cadres pensent avoir déjà fait un burn-out (ou épuisement professionnel par surcharge de travail) ! Dans le détail :

  • 50% en sont certains
  • 36% pensent en avoir fait un mais n’en sont pas certains

Ces chiffres sont probablement au-dessus de la réalité si l’on considère le burn-out au sens strict du terme (il faut en tous cas le souhaiter !).

Néanmoins, ils indiquent qu’il y en a probablement beaucoup. Et ils montrent au minimum que 86% des cadres sont en souffrance psychologique

Le bore-out

Le bore-out est également un épuisement professionnel, mais cette fois par l’ennui. C’est le cas par exemple quand des cadres (souvent en seconde partie de carrière) ne correspondent plus à la stratégie de l’entreprise et sont “placardisés” (charge de travail très faible).

Le brown-out

Egalement appelé “la maladie de l’absurde”, le brown-out est plus récent (évoqué pour la première fois par l’anthropologue américain David Graeber en 2013).

Il concerne des personnes (souvent des cadres) qui ne sont plus du tout investies dans leur boulot parce qu’elles n’y trouvent plus de sens, plus d’intérêt.

C’est un vrai risque lorsque vous avez fait de brillantes études et qu’on vous met sur un poste à remplir des tableaux Excel à longueur de journée. On conçoit qu’il peut alors être difficile de se convaincre de l’utilité de son poste, ainsi que du développement de compétences valorisables.

Danger des cadres n°6 : Passer à côté de sa vie

Le dernier danger qui concerne les cadres est probablement le plus insidieux. Car à moins de l’identifier à temps, il sera difficile à mitiger. Il s’agit du danger de passer à coté de sa vie, bien résumé par cette citation de Carl Gustav Jung :

Nous passons la moitié de notre vie à escalader une échelle, et l’autre à réaliser que nous l’avions adossée au mauvais mur

Ce danger peut prendre différentes formes.

Ne pas vraiment choisir son orientation professionnelle

Dans son livre “Les 5 regrets des personnes en fin de vie”, Bronnie Ware (infirmière australienne en soins palliatifs) dévoile les regrets majoritairement cités par ses patients. Ceux-ci considèrent qu’ils auraient dû :

  • vivre leur vie, pas celle des autres
  • travailler moins
  • assumer leurs sentiments
  • rester proches de leurs amis
  • s’accorder le droit au bonheur

Cela me fait penser à un exercice intéressant où l’on te demande d’identifier ce que tu aimerais que tes proches disent de toi le jour de tes obsèques. Qu’est-ce que tu voudrais avoir fait dans ta vie et pour quoi voudrais-tu que l’on se souvienne de toi ? C’est une façon d’anticiper ces regrets à un moment où tu as encore la main pour changer quelque chose !

Mais revenons au livre de Bronnie Ware. Il est intéressant de noter que les 2 premiers regrets qu’elle a recensés sont liés (au moins partiellement pour le premier) à la vie professionnelle !

Et le premier me fait indiscutablement penser aux cadres : lorsqu’on les questionne, ils sont nombreux à répondre qu’ils se sont laissés porter par leurs bons résultats scolaires.

C’est un peu le danger quand on a des facilités. Souvent, “la vie choisit alors pour vous”. Sur la base du chemin communément perçu comme le plus prestigieux (école d’ingénieurs, école de commerce, médecine…).

Il y a là une influence du système (l’école, …), mais aussi de l’entourage (parents, …). Et avec un peu de recul, on peut réaliser qu’on n’a jamais vraiment choisi sa vie.

Ou en tous cas, qu’on a choisi ses études à un âge où on n’avait pas forcément toutes les cartes en main, où on ne réalisait pas bien ce à quoi on renonçait implicitement. Or, il faut reconnaître que l’on a par la suite très peu d’opportunités de se reposer ces questions-là

Alors es-tu certain de vivre actuellement TA vie ? Et non pas une vie choisie par d’autres ?

Différer son bonheur

Pris par une charge de travail importante, les cadres ont souvent tendance à reporter la plupart des choses qui leur plaisent et leurs “grands projets” aux vacances, voire plus sûrement à la retraite.

C’est malheureusement une décision assez aléatoire, car il n’est pas rare qu’une fois arrivé à la retraite, on ne puisse pas en profiter autant qu’on l’imaginait, pour des questions de santé.

Alors en paraphrasant le fameux Carpe Diem, pourquoi ne pas t’assurer d’être heureux dès maintenant, en consacrant du temps aux personnes qui comptent pour toi et aux activités qui te plaisent ? Quitte à changer de vie si ce n’est pas compatible avec ton rythme actuel.

Ne pas oser changer de vie professionnelle

Photo de Austin Neill sur Unsplash

Tu réalises que le métier que tu exerces ne te plait plus tant que ça ? Ou qu’il t’empêche de profiter de la vie ? Il faut encore passer à l’acte et décider de reprendre les choses en main. Et ce n’est pas si facile de se lancer !

Cela s’explique d’un côté par le syndrome de la “cage dorée”. Les conditions de travail des cadres, même si elles ont tendance à se dégrader, restent relativement favorables.

Habitués à un certain statut et à une certaine aisance, ils ont souvent du mal à envisager d’y renoncer. Surtout s’ils doivent assumer un crédit immobilier ou les frais d’études de leurs enfants !

S’y ajoute par ailleurs le risque d’échouer, alors qu’ils avaient jusque-là la sensation de tout avoir réussi dans leur vie. Et que c’est toujours comme cela qu’on les perçoit, même si eux commencent à en douter !

Enfin, les cadres ressentent souvent une culpabilité à l’idée de quitter leur poste. Se disant qu’ils n’ont pas le droit de se plaindre. Et par crainte du “qu’en dira-t-on ?”.

Pourtant, en en discutant avec leur entourage, ils réaliseraient très probablement que celui-ci les comprend et les soutient dans une démarche de reconversion. Et même si ce n’était pas le cas, souvenons-nous de Bronnie Ware : vivons notre vie, pas celle des autres !

Ne pas passer à côté de sa vie quand on est cadre, c’est exactement l’objectif de mon groupe Facebook : Sors du cadre pour changer de vie, sans démissionner trop vite. Si tu te sens actuellement concerné par ce 6ème danger, je te propose de nous rejoindre dans ce groupe.

Tu pourras y échanger avec les autres membres sur leurs expériences. Mais aussi trouver du support et des encouragements, auprès de personnes qui sont dans le même état d’esprit que toi et vont te tirer vers le haut.

Les dangers qui guettent les cadres : que retenir ?

Si tu es cadre, il y a fort à parier que tu sentes que ton environnement professionnel est moins serein que par le passé. Pour autant, tu as peut-être du mal à cerner les principaux risques auxquels tu es confronté. Et donc à t’en prémunir efficacement…

Au bout de 20 ans de management dans l’industrie, je faisais le même constat que toi. J’ai alors pris du recul pour me lancer dans le blogging. Et échangé avec de nombreux cadres.

Cela m’a permis d’établir la liste des 6 principaux dangers qui guettent les cadres en 2021, que je t’ai présentés dans cet article :

  • devenir banal
  • subir les mutations technologiques et organisationnelles
  • connaître la précarité
  • ne pas développer les bonnes compétences
  • risquer sa santé
  • passer à côté de sa vie

J’espère que tu te sens désormais un peu mieux armé pour faire face aux défis qui jalonnent ta carrière… et même à vrai dire ta vie ! Pour ne pas passer à côté de cette dernière, je t’invite à rejoindre mon groupe Facebook.

Si cet article t’a plu, n’hésite pas à le partager sur tes réseaux sociaux pour en faire bénéficier d’autres personnes. Si tu n’es pas d’accord ou que tu as des questions, je serai ravi de te répondre dans les commentaires ! 👇

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  • PROMĒ-T dit :

    Merci beaucoup Alexandre pour cet article très intéressant qui illustre bien la déliquescence de certaines entreprises et les travers de certains cadres qui s’arc-boutent sur leur job. En ce qui me concerne, je pense que les entreprises vont de plus en plus externaliser leurs compétences et leurs projets. Encore merci ! 🙂

  • Nicolas dit :

    Merci pour cette réflexion Alexandre ! Si l’avenir n’a jamais été aussi incertain, personnellement je ne suis pas aussi inquiet pour mon futur de cadre. Certes vous avez raison d’identifier ces points comme des menaces potentielles mais pour certaines elles représentent également de belles opportunités; Je pense en premier lieu à internet (l’évolution technologique donc), qui est un formidable terrain de jeu pour qui aime entreprendre ! Merci

  • Merci pour cet article. J’aime beaucoup le fait que tu couvres différents aspects et différentes visions.
    De ceux qui pensent qu’être cadre est encore un titre prestigieux et qui risquent de déchanter.
    De ceux qui se sentent impuissants face aux évolutions technologiques.
    De ceux qui donnent tout sans se rendre compte qu’ils passent à côté de l’essentiel et que malheureusement, ils ne sont pas irremplaçables.
    De ceux qui réalisent qu’ils se sont laissés porter et se sont éloignés de leur rêve.

    Chacun a des attentes différentes et des priorités différentes. Chacun a sa notion de la réussite.
    Mais il faut rester vigilant et s’assurer qu’on ne s’est pas égaré en route.

  • Isabelle dit :

    Le statut de cadre ne veut plus dire grand chose aujourd’hui, en effet. Quand je bossais en entreprise en tant qu’assistante, la plupart de mes collègues étaient cadres, et fières de l’être. Sauf qu’elles n’avaient que les inconvénients : horaires à rallonge, pression. J’ai toujours refusé ce statut.
    Et en ce qui concerne le multitâches, c’est clair que la plupart des cadres se retrouvent aujourd’hui à faire le travail que les assistantes faisaient auparavant : réserver les voyages, planifier leur réunion, etc. Merci pour cet article complet, et qui décrit vraiment la réalité. C’est sur que le choix de quitter l’entreprise peut être flippant, mais parfois c’est une question de quasi survie. 😉

  • Alexandre Willocquet dit :

    Avec plaisir !
    C’est probable, en tous cas pour les compétences jugées “non critiques” ou encore “non cœur métier”. Je ne sais pas si c’est une déliquescence, mais le rapport au sein du binôme cadres / entreprises a changé, c’est une certitude !

  • Alexandre Willocquet dit :

    Tout à fait d’accord, Nicolas ! Les menaces sont autant d’opportunités pour qui sait les déceler à temps et les contourner. C’est l’ambition de cet article, et non pas simplement d’alerter pour alimenter la “machine à broyer du noir” ! 😉

  • Alexandre Willocquet dit :

    Effectivement, chacun ses propres attentes ! Encore faut-il en avoir pleinement conscience et ne pas s’être simplement “laissé porter”, ou égaré en route comme tu dis.
    La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour les définir et adapter son comportement en conséquence ! 🙂

  • Alexandre Willocquet dit :

    Merci pour ton retour, Isabelle. Et content que ce soit fidèle à ce que tu as toi-même constaté.
    Tu décris une réaction de plus en plus fréquente : le statut de cadre ne fait plus forcément rêver quand on pèse le pour et le contre.
    Et oui, quitter sa “zone de confort” (qui s’est souvent transformé en “prison dorée” à notre insu) n’est pas évident, mais bien souvent salutaire…